Ancien militaire : pourquoi vos compétences ne se voient pas sur un CV classique

Quand un militaire quitte l'institution, le réflexe classique est toujours le même : traduire ses galons en équivalences civiles, formater un CV avec les bons mots-clés, enchaîner les entretiens d'embauche.

Très souvent, ça marche. Le recrutement se fait, le contrat est signé. C'est quelques mois plus tard que le malaise peut arriver.

Ce qui se voit, ce qui ne se voit pas

Le problème, c'est que les compétences se voient sur un CV. La perte de repères, elle, ne se voit pas. Dans l'armée, la fonction et l'identité ne font qu'un. Une fois l'uniforme rangé, cette fusion ne disparaît pas d'elle-même : elle continue de jouer, en silence, bien après la signature du contrat.

Un CV civil ne résoudra jamais une crise d'identité militaire. En traitant uniquement la reconversion comme un simple problème de CV, on prend le risque de fabriquer des professionnels efficaces dans leur nouveau poste, mais en décalage dans leur nouvelle vie.

Une légitimité qui se méritait, à coups de preuves

Pendant des années, nous avons appris qu'il fallait mériter notre place. Chaque qualification, chaque brevet, chaque examen, chaque montée en grade, chaque responsabilité. Tout s'obtenait en faisant ses preuves.

Cette logique fonctionne dans l'institution, et n'est pas propre aux militaires. Mais chez nous, elle est particulièrement ancrée, parce que la légitimité s'y gagnait de façon systématique et visible. Le problème, c'est qu'elle nous suit parfois longtemps après l'avoir quittée.

Chaque poste comme un examen à repasser

Je l'ai observé chez de nombreux anciens militaires, et je me suis reconnu dedans. On accepte davantage de charges que nécessaire. On travaille plus, on veut montrer que l'on est capable, que l'on mérite d'être là, comme si chaque nouveau poste était un examen à repasser. Comme si quelqu'un devait encore nous autoriser à avoir notre place. Pourtant, il arrive un moment où cette course devient épuisante.

Changer la question

La question n'est plus : comment prouver ma valeur ? Mais : pourquoi ai-je encore besoin de la prouver ?

Reconstruire sa légitimité ne se fait pas dans le sur-engagement opérationnel, mais dans le positionnement. C'est souvent là que commence la véritable transition identitaire.

Parlons de votre transition.

Traduire ses compétences et reconstruire sa légitimité ne sont que deux des dix mécanismes qui traversent la transition militaire-civile. Si vous vous reconnaissez dans cette situation, commençons par en parler.